Barrette : Le cheval de Troie au CHUM

Écrit par Bernard Brault le 09/03/2015

Les 28 syndromes de la paralysie bureaucratique ( à la fin de l’article )

David contre Goliath

Si j’étais caricaturiste, je dessinerais Dr Barrette à genoux dans un chemin boueux implorant un immense bulldozer de s’arrêter ou de changer de direction. Mais la puissante machine poursuit inexorablement sa route, indifférente à toutes ses incantations et sortilèges. Sa médecine ne fonctionne pas. Il faut alors changer le conducteur du Bulldozer. Dr Barrette, en fin renard, a déjà entendu l’histoire du cheval de Troie. Mais la puissante machine connaît l’histoire aussi.

Au nom de l’intégrité, elle crie au viol. Elle sait depuis longtemps comment survivre aux assauts des chevaliers de l’apocalypse.

Apparence et subsidiarité

Le problème est que le bulldozer n’est pas seul; les machines se sont emballées et ont appris à survivre et à menacer les services à la population. Les apparences sont évidemment souvent trompeuses. Il est possible que nous rêvions tous, et que du coté de la gestion de la Santé, seule notre imagination nous laisse croire que les choses  ne roulent pas dans l’huile.

Alors, si la puissante machine fonctionnait si bien et depuis si longtemps, il n’y aurait pas lieu d’intervenir. Lorsque tous les dirigeants du Bulldozer s’auto-congratulent mutuellement en disant qu’il n’y a pas lieu d’intervenir, quel est le véritable conflit d’intérêt ?  Avant de crier au viol de l’intégrité, regardons plus loin.

Le principe de subsidiarité s’applique lorsqu’une autorité subalterne est incapable d’agir ou de remplir sa mission. Cela n’attaque pas l’intégrité des dirigeants, mais peut-être leurs compétences. Il s’agit alors d’une question d’ÉGO, pas d’intégrité.

La résiliente machine bureaucratique.

Cette machine puissante, souvent dirigée par des conseils d’administration qui finissent par  croire à leur souveraineté absolue, est l’un des nœuds et enjeux du système. Dans le privé il y a des actionnaires qui choisissent les administrateurs et les remplacent. Dans la machine d’état pour éviter je ne sais pas quel conflit d’intérêts, les remplacer devient de l’Ingérence.

Alors la machine devient un État dans l’état incitant la guerre des roitelets. Pourquoi élire un ministre alors ? Pour couper des rubans ? Le principe d’équilibre, le check and balance de la gestion publique est rompue si la machine bureaucratique fait ce qu’elle veut.

On a tellement peur au mot « tizami » que l’on préfère laisser la machine gérer toute seule notre santé. Comment s’appelait cela en 1984 : Big Brother ?

Le cimetière des bonnes intentions

Plusieurs ministres et députés y ont perdu des dents et des élections. MM Francois Bonnardel, Raymond Bachand ex ministre des finances,  et  madame Marois ex-première ministre.  M Barette sera-t-il le prochain au cimentière des bonnes intentions ?

Je me permets de repiquer un article que j’ai publié en mars 2011, il y a à peine 4 ans…

De toutes les organisations créées par l’homme, tous systèmes politiques confondus, celle qui a la plus grande capacité de survie, ce qui est maintenant convenu d’appeler la résilience, est sans contredit la bureaucratie… gouvernementale, et même au détriment de sa mission. Cette bibitte a son propre langage de gestion, ces propres règles éthiques et est capable de se régénérer, d’augmenter ses effectifs décisionnels et surtout de faire face à n’importe quel pouvoir démocratique externe qui pourrait remettre en question sa continuité. Ajoutons un peu d’aide syndicale et politique et la machine devient complètement débridée, telle une centrale nucléaire hors contrôle.

La fonction publique est noble, mais la bureaucratie est le cancer qui menace l’État québécois.

Individuellement, je crois que les fonctionnaires sont des professionnels honnêtes qui, en général, ont à cœur de servir la population et d’accomplir leurs tâches. Le problème est lorsqu’ils œuvrent collectivement dans un système dans lequel ils ne voient ni les intrants ni la finalité de leurs tâches. Ils se perdent dans une machine infernale qu’ils ne maîtrisent plus eux-mêmes, où plus personne ne veut prendre de décisions et encore moins la responsabilité des dérapages et des erreurs qui entraînent parfois des conséquences fatales pour la santé de la population. Mot d’ordre : survivre jusqu’à sa pension dans l’infernale machine. (…)

Pouvons-nous faire appel au côté noble de la fonction ?

Qui se fera HARA KIRI ? Cela prend beaucoup de courage pour reconnaître que l’unité administrative à laquelle nous appartenons a un rôle qui est devenu inutile ou superflu compte tenu du contexte socio-économique. (…)

Dans le ventre de la machine infernale : Visite de la tour de Babel

Cette visite ne vise pas la question salariale. Les fonctionnaires de l’État doivent être rémunérés en fonction de leurs responsabilités. Mais avec compétence et performance peut être ?

Comment peut-on imaginer, par exemple, qu’une décision puisse être prise dans le délai requis par six personnes de six niveaux d’autorité et de six champs de compétence différents, et qu’aucune action ne peut être entreprise sans l’évaluation, l’analyse de l’impact, le consentement, l’approbation, le contrôle de tout ce personnel alors que tous les décideurs sont au même grade administratif et qu’aucun n’a d’autorité finale sur les autres. Ajoutons un peu d’humaineries des gestionnaires, une langue administrative que personne ne comprend et une intervention politique et cela ressemblera franchement et bientôt à la tour de Babel. La bureaucratie survivra mais la tour tombera !

Dr Barrette voici la liste des 28 syndromes de la maladie bureaucratique

Liste des syndromes sans diagnostic

  1. Le syndrome du crédit périmé
  2. Le syndrome de l’absence de responsabilité personnelle
  3. Le syndrome de la rétention d’information pour garder le pouvoir
  4. Le syndrome du pouvoir discrétionnaire dans l’octroi de programmes subventionnaires
  5. Le syndrome du nombre de personnes à charge dans une unité administrative pour déterminer le degré de responsabilité et l’échelle salariale
  6. Le syndrome de fragmentation décisionnelle entre plusieurs personnes de même niveau pour prendre une décision
  7. Le syndrome du dédoublement des rôles
  8. Le syndrome du piggyback qui consiste à créer un nouveau service pour contourner un problème d’application de programme (exemple la Santé)
  9. Le syndrome de l’immobilisme préretraite
  10. Le syndrome de la sécurité d’emploi
  11. Le syndrome de la réunionite aiguë
  12. Le syndrome de la décision à court terme pour l’obtention de bonus sans égard aux résultats
  13. Le syndrome du surcontrôle pour justifier son poste
  14. Le syndrome du sous-contrôle par laxisme et mollesse caractérielle
  15. Le syndrome du bonus pour la fonction publique
  16. Le syndrome du développement et de l’application de programme absurde
  17. Le syndrome du développement des politiques administratives déjà existantes (réinvention de la roue en continu)
  18. Le syndrome du placotage de corridor
  19. Le syndrome de l’abus de pouvoir par programme
  20. Le syndrome de la corruption (oui ça arrive !)
  21. Le syndrome de la création de vocabulaires étanches et propres à chaque fonction bureaucratique
  22. Le syndrome de la création de règles et normes d’aménagement et de construction de locaux administratifs impossibles à comparer avec le privé.
  23. Le syndrome des principes comptables qui n’auraient aucune ressemblance avec les principes généralement reconnus par les professions comptables
  24. Le syndrome du conflit d’intérêts personnel entre la bonne chose à faire et le cadre normatif à respecter pour protéger sa job (DPJ par exemple)
  25. Le syndrome de contrôle par programme sans responsabilité des résultats
  26. Le syndrome de ne pas déranger et de rester dans le moule pour ne pas risquer de faire des vagues et perdre sa retraite prochaine
  27. Le syndrome de la fragmentation des services logistiques par rapport aux services de première ligne (Santé, etc.)
  28. Le syndrome de l’iniquité des tâches en santé (les infirmières par exemple par rapport aux penseurs de programme qui ne  travaillent que de jour et cela pour 2 ou 3 fois le salaire de celles qui soignent les malades.

Équilibre budgétaire : mission impossible ?

La stratégie du gouvernement est-elle compromise. Bon il y a l’austérité pour tous et le confort des organismes souverains.


Commentez cet article


Veuillez remplir tous les champs Envoyer

Avertissez-moi lorsqu’un commentaire est publié à propos de cet article.


Ou alors, abonnez-vous au suivi des commentaires pour cet article sans le commenter.