Gaz de schiste, Saine Gestion environnementale peut être ?

Écrit par Bernard Brault le 26/01/2011

Erreurs, mensonges, fausse transparence, grands leaders d’une présentation bâclée et, somme toute, gâchée pour plusieurs décennies. Le gaz de schiste est une source de richesse collective pour le Québec. Et le Québec en aurait bien besoin pour financer ne serait-ce que notre système de santé. Mais cette énergie emprisonnée dans la roche est délicate à extraire et la technologie n’est selon toute évidence pas au point.

Mais certains promoteurs avaient trop faim, trop vite. L’arrivée de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard à la tête du lobby du gaz de schiste fera-t-elle changer les choses ? Les groupes écologistes le voient plutôt comme un « nouveau vendeur » au service d’une industrie. Monsieur Bouchard saura-t-il retenir l’appétit vorace des administrateurs de sociétés qui n’en ont rien à faire d’une Saine Gestion environnementale ?

Gouvernance gentille

L’industrie prétend savoir comment gérer les risques. Mais quel est le niveau de risque pour ces entreprises, le leur ou celui des citoyens ? Dans la mesure où ils respectent les règles minimales de la loi, une catastrophe pourrait bien sûr faire l’objet de poursuites devant les tribunaux, et elle s’étendrait sur des décennies. Une fois que le mal est fait et qu’une armée d’avocats aura bloqué toute prétention de responsabilisation des administrateurs de sociétés, l’immunité  s’installera contre quelques compensations monétaires presque symboliques.

Lorsque les administrateurs de sociétés gèrent le risque comme au casino, il pourrait y avoir encore bien des marées noires. Vous avez déjà oublié ? Cela fait moins de 10 mois, le 20 avril 2010, à la suite d’une explosion, un incendie ravageait une plateforme exploitée par BP à 80 kilomètres des côtes de la Louisiane, déclenchant la plus importante marée noire de l’histoire. Négligence et irresponsabilité; le coup en valait peut-être la chandelle pour tout ceux qui auraient pu s’enrichir.

Saine Gestion environnementale

Il y a 15 ans, un chapitre aujourd’hui presque oublié du compendium des PSGGR était publié par  l’OAAQ. Le chapitre 6 du compendium des principes de Saine Gestion responsabilise la gouvernance en matière de Saine Gestion sur les questions environnementales. Imbriqué dans la même matrice des 41 cases, le vocabulaire environnemental voisine très bien l’obligation de Saine Gestion. Mais qui s’en soucie aujourd’hui ?

Nonobstant le peu d’intérêts des nouveaux administrateurs de sociétés dûment formées par de hautes écoles sérieuses, l’Institut de Saine Gestion vous propose quelques grandes lignes des PSGGR qui pourraient permettre de tracer le chemin vers une GOUVERNANCE RESPONSABLE des gaz de schiste, sans que le système capitaliste s’écroule.

Voici quelques extraits d’un chapitre très bien ficelé et conforme aux lois et au modèle d’application de Saine Gestion.

Transparence

6.3.5 (1)         L’administrateur doit fournir, aux autorités et au public concernés, toute l’information exigée en matière environnementale en plus de signaler la présence de contaminants dans l’environnement dès qu’il en a connaissance, dans tous les cas où la loi l’exige et dans tous les cas où l’absence de communication peut exposer une personne à un risque inacceptable.

Organisation et Continuité

6.4.2 (5)         L’administrateur doit faire en sorte que son organisation soit en mesure d’assumer pleinement le coût des mesures réparatrices requises à la suite de tout accident environnemental dont la responsabilité pourrait lui être attribuée.

6.4.4  «Continuité» : Caractère de ce qui assure la disponibilité et la qualité des ressources environnementales dans le temps. Par extension au principe de continuité élaboré au chapitre 2, le patrimoine environnemental doit survivre à ceux qui en utilisent les ressources.

«Régénération» : Opération qui consiste à reconstituer le caractère et les qualités d’un sujet, à recréer ce qui a été endommagé ou détruit. En matière d’environnement, la régénération se mesure par le rapprochement des conditions du contexte original.

«Restauration» : Opération qui consiste à remettre une ressource utilisée dans un état permettant la reprise de sa fonction première. En matière d’environnement, la restauration d’une ressource se mesure en fonction du degré de remise en état et du rétablissement des conditions favorables à l’environnement et à la qualité de vie des êtres vivants qui en dépendent, en comparaison de l’état original et naturel de celle-ci.

Normes

6.4.4 (1)         L’administrateur doit prévoir les possibilités de régénération des ressources requises à la réalisation des opérations et faire en sorte qu’il favorise cette régénération dans la mesure où celle-ci peut se réaliser raisonnablement.

6.4.4 (2)         L’administrateur doit prévoir les possibilités de restauration des sites et de l’environnement général à partir desquels sont extraites les ressources nécessaires à la réalisation des activités de l’organisation ou sur lesquels s’exercent ces activités, de façon à en favoriser le maintien écologique dans un ensemble harmonieux se rapprochant le plus possible du milieu original et dans la mesure où cette restauration peut s’effectuer raisonnablement.

6.4.4 (3)         L’administrateur doit explorer les possibilités raisonnables de régénération des ressources utilisées ainsi que de restauration des sites et de l’environnement général, et y procéder avec diligence sans attendre que cette démarche lui soit dictée par les autorités publiques.

Efficience

6.4.3  «Efficience environnementale» : Qualité qui allie l’efficacité à l’économie des ressources environnementales.

L’exercice de la Saine Gestion environnementale exige l’adéquation des moyens selon la nécessité et l’utilité, l’utilisation des ressources avec parcimonie et souci de récupération, et finalement le recyclage des ressources tirées de l’environnement.

Bonne réflexion aux gouvernants et aux GRANDS et SERIEUX administrateurs de sociétés !

Bernard Brault    F Adm.A. F CMC


1 commentaire

par C Tremblay le 01/29/2011

Juste pour en rajouter un peu M Brault : Le Devoir aujourd’hui
29 janvier 2011: « C’est la multinationale Talisman Energy, une société qui a reçu des avis d’infractions du ministère de l’Environnement dans le cadre de ses opérations au Québec, qui rémunérera Lucien Bouchard lorsqu’il prendra la tête de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). C’est d’ailleurs cette entreprise basée à Calgary qui avait suggéré le nom de l’ancien premier ministre au comité chargé de trouver un successeur à André Caillé. »

Sans autre commentaire …

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