Devant la bêtise, même les dieux luttent en vain !

Written by Bernard Brault on 18/09/2014

J’observe comme tout le monde depuis quelques années un relâchement du comportement des conducteurs sur les routes qui, malgré une présence policière accrue et une coercition technologique, conservent une sorte de je-m’en-foutisme à l’image de ce que nous sommes peut-être en train de devenir politiquement et socialement au Québec.

Mais avons-nous oublié la sagesse ? L’équilibre, ce principe de Saine Gestion qui rappelle que la vertu se tient en équilibre et par conséquent éloignée des extrêmes. In medio stat virtus !

Blanchement idéologique

D’autre part, la lutte aux tricheurs économiques va littéralement scléroser les relations d’affaires au Québec. Tyrannie et contrôle, même peu efficaces, seront mis en place systématiquement au nom de la déesse éthique uniquement pour blanchir toute une classe de dirigeants politiques et d’affaires qui en ont peut-être besoin mais qui imposeront à tous des règles pour leur donner bonne presse.

Attention à l’état policier !

Nous apprenions par les médias hier que les institutions financières commencent à leur tour à exiger un ticket de bonne conduite de l’AMF. Sachant que cette dernière n’est que le commissionnaire de l’UPAQ qui, en fait, conduit toutes les enquêtes et émet les certificats de bonne conduite civile, pénale et fiscale, il n’y a qu’un pas à franchir pour introduire une nouvelle tyrannie de l’éthique idéologique.

Pourquoi pas un certificat de bonne gestion ?

Parce que ça aussi, l’AMF ne peut ou ne veut le faire. Faute de volonté politique, la prudence invite l’action minimale. Parce que sans définir ce qu’est une bonne gestion, il est impossible d’en faire un audit.

Pourtant c’est ce que propose l’ISG depuis 20 ans. Des normes de Saine Gestion basées sur des principes et une structure matricielle à élément fini pour en assurer la vérification crédible. Trop dangereux, vous diront-ils !

L’éthique a géométrie variable, remplace les technologies révolues !

Alors, retournons sur nos routes et fions-nous à cette Déesse éthique. Depuis le début, l’histoire de l’automobile, certaines innovations, même simples, ont permis la communication d’information entre les conducteurs de véhicules par simple logique de prudence et d’anticipation. (Transparence) Une de ces innovations fut sans contredits le clignotant avertisseur remplaçant le bras tendu ou replié à l’extérieur du véhicule. Ah, vous ne saviez pas ? Je comprends que le tout se perd dans la nuit des temps. Cette semaine en prenant les voies rapides de la région de Montréal, j’ai observé empiriquement que la presque totalité des changements de voies n’étaient pas signalés. Bon, d’accord, je suis ringard ! Mais où est donc l’état policier ?

La déesse éthique devrait tout corriger.

Paresse de l’âme

Mais une autre subtilité dans ces manœuvres étranges m’interpelle d’avantage. En plus de ne pas signaler, les conducteurs ne regardent plus dans leurs miroirs latéraux avant de s’engager. Une légère correction de la route du véhicule impatient s’en suit lorsque malencontreusement un autre véhicule roule outrageusement et intempestivement dans la voie qui aurait dû lui appartenir. Je suis un parfait ignare en matière de jeux vidéo, je ne suis pas né à la bonne époque, mais on me rapporte que pour gagner dans ces jeux, il faut tout casser et tout risquer.

Il est vrai la déesse éthique va tout corriger.

Mieux vaut être riche et beau que …

En affaire avec l’État, pour réussir, nous comprenons maintenant que le modèle Acurco fut à une certaine époque une façon fulgurante de réussir. Pourquoi respecter des règles si personne les respecte, surtout lorsque la collusion et les chuchotements atteignent les dirigeants politiques.

Après tout, monsieur Acurco invoquait lui aussi sa déesse éthique. Il ne voulait pas frayer avec la Mafia, et la confiance des amis méritait récompense et largesse.

Ce style, pour un certain temps révolu, un tantinet délinquant, gentleman et horripilant de richesse, a même quelque chose d’érotisant pour madame Denise Bombardier. Gageons qu’elle n’est pas la seule. Les pirates et Arsène Lupin sont encore des héros dans l’imaginaire tant qu’ils ne tuent pas.

Horibilis causa. 

Alors, nous sommes socialement et politiquement responsables de notre propre turpitude. Nous continuons de voter aveuglement, acceptons n’importe quel discours et tel les moutons de Panurge, nous sautons dans la rivière au premier cri du loup. À l’image de cet article, nous vivons dans de grandes contradictions. Qui peut gérer sans règles ici-bas cette bêtise humaine alors que même les dieux luttent contre elle semble-t-il en vain.

Saine Gestion… pas si bête si on prenait le temps. Les dieux pourraient y jeter un coup d’œil ?

 


2 comments

by Gérard at 09/18/2014

Quelle subtilité … ! à bon entendeur salut !

by Pierre Marchand, BAA, ADMA, ÉA at 10/04/2014

La solution passera par les seuls experts en ADMinistrAtion.

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